Dietrich Bonhoeffer -1906 – 1945

Dietrich Bonhoeffer .1906 – 1945

« Alors, tout a changé. »

« Je me suis précipité dans le travail de façon non chrétienne. Une folle ambition, remarquée par certains en moi, m’a rendu la vie difficile et m’a ravi l’amour et la confiance de mes proches. Alors je fus terriblement seul et livré à moi-même. Ce fut très grave.

C’est alors que s’est produit  en moi quelque chose qui a changé ma vie jusqu’à aujourd’hui et l’a bouleversée. J’accédai pour la première fois à la Bible.

Cela aussi est très difficile à dire. J’avais déjà beaucoup prêché, j’avais déjà une grande expérience variée de l’Eglise, j’en avais parlé et écrit et pourtant je n’étais pas encore devenu chrétien.

Je le sais, j’ai autrefois fait de la cause de Jésus-Christ un avantage pour moi-même. Je demande à Dieu que cela ne se reproduise plus jamais. De même je n’avais encore jamais prié, ou si peu. Dans un tel état d’abandon j’étais pourtant satisfait de ma personne. C’est de cela que la Bible m’a libéré et tout particulièrement leSermon sur la montagne Alors, tout a changé. »

Lettre de Dietrich Bonhoeffer à Elisabeth Zinn le 27.01.1936, in « Dietrich Bonhoeffer 1906-1945, Une biographie » –  Paris, Salvator 2006, p. 122.


 

Comment Dieu guérit…

Guérir, conduire, consoler : telle est l’action de Dieu. Dieu voit nos chemins : c’est par la grâce qu’il le fait. Il pourrait bien nous laisser suivre nos voies sans les regarder. Mais il a jeté les yeux sur elles ; et il nous a vu blessés, égarés, angoissés.

Alors, il vient nous guérir. Il touche les blessures que nous a fait le passé, et elles se cicatrisent : elles ne nous font plus mal, elles ne peuvent plus nuire à la vie de notre âme. Les souvenirs ne nous tourmentent plus : tous les maux s’enfoncent dans le néant, dans le passé, comme il arrive à proximité d’un être aimé. Dieu nous est plus proche que le passé.

Dieu veut nous conduire. Tous les chemins humains ne sont pas sous sa direction : il est souvent possible que nous marchions longtemps sur nos propres routes ; nous y sommes alors les jouets du hasard, quel que soit le bonheur ou le malheur qu’il nous a apporté. Nos propres chemins nous ramènent toujours à nous-mêmes, en un cercle fermé. Mais quand Dieu conduit nos pas, ils mènent à lui. Les chemins de Dieu mènent à Dieu. A travers bonheur et malheur, Dieu ne nous mène jamais qu’à Dieu. C’est à cela que nous reconnaissons nos voies.

Dieu veut nous consoler. Il ne console que lorsque c’est, à ses yeux, suffisamment indispensable : à savoir quand les hommes ne savent plus à quel saint se vouer, quand l’absurdité de la vie les étreint. Le monde tel qu’il est réellement nous fait toujours peur. Mais quiconque est consolé voit plus et possède plus que le monde : il possède la vie avec Dieu. Rien n’est plus ruiné, ni perdu, ni absurde lorsque Dieu console.

Je guérirai, je guiderai, je consolerai, car j’ai vu ses voies. Dieu ne l’a-t-il pas fait dans notre vie en d’innombrables circonstances ? N’a-t-il pas bien souvent guidé les siens à travers détresse et péril ?

Comment Dieu guérit-il, conduit-il, console-t-il ? Uniquement en mettant en nous une voix qui dit, prie, appelle, et crie : Père !

Dietrich Bonhoeffer

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