Questions éthiques de l’avortement…Que dit la Bible ?

Questions éthiques de l’avortement

Que dit la Bible ?

La réponse à cette question est claire et nette : rien. Si les milieux    conservateurs prétendent fonder leur refus du régime du délai sur le message chrétien,    ils ne peuvent en aucun cas s’appuyer sur la Bible.

Les adversaires du régime du délai se réfèrent volontiers à la    Bible. Pourtant, ni dans l’Ancien ni dans le Nouveau Testament, il n’est fait mention de    l’avortement. Par-ci par-là, dans l’Ancien Testament, de nombreux délits sont cités et    la manière dont ils doivent être punis est décrite en détail. Au sujet de    l’avortement, pas un mot.

Ceci est particulièrement étonnant, car    l’avortement était connu au temps de la Bible et il était mentionné dans les lois des    peuples voisins des Hébreux (Assyriens, Sumériens). John Swomley, Dr en théologie,    l’explique par le fait qu’une plus grande importance était accordée à la femme chez les    hébreux que chez leurs voisins. (Voir à ce sujet le site de la     Religious Coalition for Reproductive Rights:     www.rcrc.org/)

Tu ne tueras point

Le 5e commandement de l’Ancien Testament est le plus fréquemment    cité. Ce commandement n’a pourtant pas valeur absolue. Dans d’autres passages de la    Bible, l’homicide est même ordonné à plusieurs reprises. Pour des comportements    plutôt anodins selon notre point de vue actuel, Dieu prescrit la peine de mort :    « Celui qui maudira son père et sa mère sera puni de mort. » (Ex 21 : 17). Celui    qui aura exercé le sacerdoce sans autorisation sera puni de mort (Nb 3:10), de même que    celui qui aura blasphémé (Lv 24:16). Dieu accepte les sacrifices humains (Jg 11 :    29-40). Il ordonne de tuer les femmes, les enfants et les nourrissons des ennemis du    peuple d’Israël (1 S 15 : 3).

Le fœtus n’est pas une personne humaine

Outre le fait que l’avortement n’est mentionné nulle part dans    la Bible, il n’y a pas davantage de référence qui mettrait la vie intra-utérine sur le    même pied que celle d’un homme ou d’une femme. Par conséquent, on ne saurait affirmer    que le 5e commandement concerne l’avortement. C’est plutôt le contraire.

Selon la Bible, la notion de personne humaine est subordonnée à la    respiration, respectivement à l’existence de l’esprit ou de l’âme :    « L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses    narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant » (Gn 2:7). « Et l’esprit    entra en eux, et ils reprirent vie » (Ez 37:10). « C’est l’esprit qui vivifie; la    chair ne sert de rien » (Jn 6:63). « Et ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps    qui naîtra; c’est un simple grain, […]. Le corps est semé corps animal, il    ressuscite corps spirituel. S’il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel.    […] Mais ce qui est spirituel n’est pas le premier, c’est ce qui est animal; ce qui    est spirituel vient ensuite » (1Co 15:37, 44, 46). Le « grain » n’est pas    encore doué d’esprit, il n’est pas encore une personne possédant une âme.

Le fait que la Bible n’assimile pas le fœtus à une personne    humaine apparaît dans le seul passage qui peut être évoqué dans le contexte de    l’avortement. Il s’agit d’une fausse-couche provoquée accidentellement : « Si    des hommes, en se battant, bousculent une femme enceinte et que celle-ci avorte mais sans    autre accident, le coupable paiera l’indemnité imposée par le maître de la femme, il    paiera selon la décision des arbitres. Mais s’il y a accident, tu donneras vie pour vie,    œil pour œil, dent pour dent » (Ex 21:22-25). La perte du fœtus    équivaut, pour le mari, à un dommage matériel dont il est indemnisé. L’homicide    par imprudence de la femme enceinte, en revanche, est sanctionné de la peine capitale.

Qualité de vie

En de nombreux passages de la Bible, il apparaît qu’il    vaudrait mieux ne pas être né que de vivre dans le chagrin, le malheur ou l’oppression    (Ec 4:2-3). De même Ec 6:3-5 « Quand un homme aurait cent fils, vivrait un grand    nombre d’années, et que les jours de ses années se multiplieraient, si son âme ne s’est    point rassasiée de bonheur, […] je dis qu’un avorton est plus heureux que lui. Car    il est venu en vain, […] il n’a point vu ».

Ou encore Jb 10:18-19 : « Oh! Pourquoi m’as-tu fait sortir du    sein ? J’aurais péri alors : nul œil ne m’aurait vu, je serais comme n’ayant pas    été, du ventre on m’aurait porté à la tombe ».

Transposés en nos temps actuels, ces passages pourraient justifier    les indications psychosociales de l’interruption de grossesse.

Dieu créateur

Les tenants de l’interdiction de l’avortement s’appuient volontiers    sur des versets de la Bible dans lesquels Dieu est évoqué dans le contexte de la vie    avant la naissance : « C’est toi qui m’as tissé dans le sein de ma mère » (Ps    139:13). Dieu dit au Prophète Jérémie : « Avant que je t’eusse formé dans le    ventre de ta mère, je te connaissais » (Jr 1:5).

Or ces versets n’évoquent rien d’autre qu’un Dieu considéré comme    tout-puissant, omniscient et créateur de la vie, qui connaît les Hommes avant même    qu’ils ne soient (avant même leur conception !), qui connaît les paroles avant qu’elles    ne soient dites et les événements avant qu’ils ne se produisent. Mais on ne peut en    déduire aucune règle morale concernant le statut de l’embryon et l’avortement.

Il est significatif que nous ne commémorions pas le jour où l’Ange    annonça à Marie qu’elle deviendrait enceinte, comme le jour où Jésus est devenu homme. Nous fêtons le jour de la naissance de Jésus.    « On appelle Noël la nuit de la naissance de Jésus Christ, où IL EST DEVENU    HOMME » (Kurt Koch, évêque de Bâle, dans « Der Bund » du 24.12.96). Le fait    de devenir Homme coïncide donc avec la naissance.

Il faut d’ailleurs noter que Marie a accepté explicitement sa    grossesse ! Une nouvelle vie est un don, une promesse d’avenir qui ne saurait    être imposée.

L’Homme, être responsable

Moins encore dans le Nouveau Testament que dans l’Ancien on ne    trouve de textes ayant trait à l’avortement. En revanche, on y trouve des phrases de    Jésus telles que : « Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la    pierre contre elle » (Jn 8:7). Et plus loin :  » A vous aussi, les légistes,    malheur, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter et vous-mêmes    ne touchez pas à ces fardeaux d’un seul de vos doigts ! » (Lc 1:46).

La revendication d’une loi qui punisse l’avortement ne    peut donc trouver sa source dans la Bible. Bien au contraire, ce qui se dégage du message    biblique, c’est la liberté, pour chacun-e de décider de façon autonome et selon sa    propre conscience. « Dieu créa l’homme à son image » (Gn 1:26-28).    « L’Éternel Dieu dit: Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous, pour la    connaissance du bien et du mal » (Gn 3:22). L’homme a été créé libre et    responsable, capable et obligé de trancher les questions éthiques, en toute connaissance    de cause et en toute responsabilité.

Source: COURRIER USPDA       no 53, janvier 2001

LA BIBLE C’EST QUOI COMME LIVRE ? https://jcedm.wordpress.com/2012/03/10/la-bible-cest-quoi-comme-livre/

 

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