Richesses pourries !

Richesses pourries !

Tumeur maligne !
Le docteur Paul Brand raconte dans son livre « Tes œuvres sont admirables » la vision marquante qu’il eut d’une mendiante à la gare centrale de Madras en Inde. Je le cite : « Comme tant d’autres de ses semblables en Inde, cette pauvresse avait le visage émacié, les joues creuses, les yeux enfoncés, et ses membres étaient décharnés. Mais, paradoxalement, une masse de chair, énorme et rebondie, ronde et lisse comme une saucisse, poussait à son côté. Elle était posée près d’elle, comme un bébé informe, et reliée à son corps par un isthme de peau. La femme avait exposé son flanc et sa difformité grotesque, pensant avoir ainsi l’avantage dans sa rivalité pour la pitié. Quoique je ne l’ai vue qu’un court instant, j’étais sûr que cette excroissance était un lipome, une tumeur faite de cellules graisseuses. C’était une partie d’elle-même, sans l’être cependant, comme si quelque chirurgien avait extrait une masse de graisse d’un individu pesant 130 kg, l’avait enveloppée de peau vivante, et habilement cousue sur cette femme qui se mourait de faim. Faiblement, pour recevoir une aumône, elle tendait une main décharnée qui ressemblait à une araignée. Mais sa tumeur prospérait, totalisant à peu près le poids du reste du corps. Parasite vigoureux, elle brillait au soleil, aspirant la vie hors du corps de cette pauvre femme. »
Cancer économique !
Le cas de cette femme est une illustration parfaite du mal qui ronge nos sociétés occidentales. Depuis des décennies, une tumeur maligne, la dette des Etats, ne cesse de grossir, accaparant toutes les énergies, pompant littéralement toute la vie du corps, le vidant de sa vitalité. Cette tumeur est faite de la richesse outrageante accumulée par les spéculateurs, les banquiers, les actionnaires des entreprises. Elle est comme un tas de graisse inutile, qui brille au soleil, et dort tranquillement dans les coffres sécurisés des paradis fiscaux. Simultanément à la croissance de la tumeur maligne, le corps social tout entier dépérit, comme le cas grec l’illustre si bien. Les retraites ne sont plus payées, les salaires sont divisées par deux, les taxes et les impôts ne cessent d’augmenter, le chômage ne cesse de s’amplifier. Toute la société est par terre, telle la mendiante de Madras, quémandant des passants, d’une main rachitique, une obole salutaire.
Richesses pourries !
La Bible n’est pas tendre envers les riches qui ne le sont que par leur cupidité. « Malheur, dit Esaïe, à ceux qui ajoutent maison à maison et champ à champ jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’espace dans le pays : Esaïe 5,8. » « A vous maintenant, riches ! Pleurez et gémissez, dit l’apôtre Jacques, à cause des malheurs qui viendront sur vous. Vos richesses sont pourries, et vos vêtements sont rongés par les teignes. Votre or et votre argent sont rouillés ; et leur rouille s’élèvera en témoignage contre vous, et dévorera vos chairs comme un feu. Vous avez amassé des trésors dans les derniers jours ! Voici, le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs, et dont vous les avez frustrés, crie, et les cris des moissonneurs sont parvenus jusqu’aux oreilles du Seigneur des armées. Vous avez vécu sur la terre dans les voluptés et dans les délices, vous avez rassasié vos cœurs au jour du carnage : Jacques 5,1 à 5. » Sans conteste, les derniers jours dont l’apôtre parle sont bien les nôtres ! Les riches doivent le savoir ! Dieu va se lever et, à cause de leurs exactions, le malheur va les frapper !
Dieu ou l’Argent !
Si longtemps l’Occident a été perçu comme le berceau et le fer de lance du christianisme, tel n’est plus le cas depuis des décennies. L’affaiblissement du christianisme va de pair dans nos sociétés avec la montée de l’humanisme athée et du matérialisme. Il faut aussi reconnaître que, de loin, l’Eglise catholique qui se prétend héritière des apôtres, n’a pas donné l’exemple. Si les disciples de Jésus, Pierre et Jean, pouvaient dire à un paralytique qui quémandait au sortir du temple de Jérusalem : « Nous n’avons ni argent, ni or, mais nous avons Jésus-Christ », l’Eglise dit aujourd’hui l’inverse : « Nous avons or et argent en masse ! » Mais a-t-elle encore Jésus-Christ ? J’en doute fort !
Jésus a été très clair au sujet de l’Argent ! De toutes les idoles devant lesquelles l’homme se prosterne, il est le plus sérieux rival et prétendant au trône de Dieu. « Nul ne peut être en même temps au service de deux maîtres, car ou bien il détestera l’un et aimera l’autre, ou bien il sera dévoué au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir en même temps Dieu et l’Argent : Matthieu 6,24. » L’apôtre Paul surenchérit : ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux : 1 Timothée 6,9-10. Jamais la parole de l’apôtre n’a autant été d’actualité qu’à notre époque, tant sur le plan de la vie des individus que de la communauté.
Témoignages
Pierre Valdo
De nombreux témoignages dans l’histoire nous rapportent tout le bien qui a résulté pour le monde lorsque des riches ont commencé à se soucier des pauvres pour les soulager et utiliser leurs richesses pour leur faire du bien. Je pense à Pierre Valdo, riche marchand de Lyon du 11ème siècle qui, saisi par la parole du Christ adressée au jeune homme riche, abandonne tous ses biens pour fonder la Fraternité des Pauvres de Lyon. Il sera persécuté et excommunié par l’Eglise pour ses idées non conformes au système. Je pense à Dominique Lapierre, auteur du livre « la Cité de la joie », qui verse l’intégralité des dividendes de la vente de son livre pour l’aide aux pauvres des bidonvilles de Calcutta. Il suffirait de si peu de la compassion de tous les riches pour solutionner le problème de la misère et de la pauvreté dans le monde. Il y en aurait d’autres, célèbres ou obscurs, à honorer dans ce panthéon.
Espérance
Ne nous faisons cependant pas d’illusions ! La prise de conscience ne se produira pas. Il faudrait pour cela que le cœur des riches soient changés, que la cupidité en soit ôtée pour faire place à la générosité, que les riches ne soient plus riches de leur compte en banque, mais de leur libéralité. Seule la venue et le règne de Jésus changeront la donne de façon magistrale, aussi dans ce domaine. Lui seul jugera les pauvres avec équité et arbitrera avec droiture en faveur des affligés de la terre : Esaïe 11,4. En attendant, j’ai dernièrement tendu la main à deux pauvres pour leur donner un peu de ce que j’avais. Geste trop rare ! Ce n’était pas grand chose. Mais j’ai été le premier béni ! Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir, disait Jésus. Essayez !
Gilles Georgel
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